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L’investissement programmé : investir à date fixe

L’investissement programmé consiste à verser la même somme à intervalle régulier, quoi que fasse le marché. Voici l’arithmétique qui le sous-tend, ce à quoi il sert vraiment, et sa comparaison avec un versement unique.

Traduit de l’original anglais. Lire la version anglaise →

Investir à date fixe

Photo by Windows on Unsplash

Investir une somme fixe à intervalle régulier, le même montant chaque mois quoi que fasse le marché cette semaine-là, porte un nom : l’investissement programmé, souvent appelé DCA pour dollar-cost averaging. C’est l’une des rares techniques d’investissement à la fois faciles à expliquer, simples à automatiser et réellement utiles, mais pas toujours pour la raison qu’on imagine.

Comment fonctionne l’investissement programmé

Au lieu de choisir un moment pour engager une grosse somme, vous étalez vos versements dans le temps. Disons que vous investissez 200 par mois. Quand les prix sont hauts, ces 200 achètent moins de parts. Quand ils baissent, les mêmes 200 en achètent davantage. Vous détenez au final plus de parts achetées aux prix bas et moins aux prix hauts.

Un exemple chiffré

Supposons qu’un fonds cote 100 le premier mois, 80 le deuxième et 125 le troisième, et que vous investissiez 300 à chaque fois.

  • Mois un : 300 achètent 3,00 parts.
  • Mois deux : 300 achètent 3,75 parts.
  • Mois trois : 300 achètent 2,40 parts.

Vous avez dépensé 900 et détenez 9,15 parts, soit un coût moyen d’environ 98,36 par part. Le prix moyen sur ces trois mois était de 101,67. Cet écart n’est pas de la chance, il découle de l’arithmétique : une somme fixe achète toujours davantage de ce qui est bon marché. Plus le prix bouge, plus l’écart se creuse.

À quoi cela sert vraiment

L’argument comportemental

Le meilleur argument en faveur de l’investissement programmé est qu’il supprime une décision que vous prenez mal. Personne ne repère le point bas de façon fiable, et l’attendre a une fâcheuse tendance à devenir une attente sans fin. Un virement mensuel permanent transforme l’investissement en une routine qui tourne, que vous vous sentiez confiant cette semaine-là ou non, et il retire son venin au fait d’avoir tout investi la veille d’une baisse.

L’argument qu’il ne défend pas

L’investissement programmé est souvent vendu comme un moyen de battre le versement unique. En général, il ne le fait pas. Les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent : l’argent investi plus tôt reste plus longtemps investi et, en moyenne, finit devant. Découper une somme que vous détenez déjà en tranches mensuelles laisse une partie en liquidités pendant des mois, et les liquidités sont le frein.

C’est un échange, pas un défaut. Vous cédez un peu de rendement attendu contre un parcours plus régulier et un risque de regret bien plus faible. Beaucoup d’investisseurs acceptent cet échange en connaissance de cause, et c’est raisonnable.

Investissement programmé ou versement unique

La comparaison ne compte que si vous détenez déjà un tas de liquidités : un héritage, une prime, le produit d’une vente. Vous choisissez alors vraiment entre investir maintenant et étaler sur six ou douze mois.

Si vous investissez à partir d’un salaire, il n’y a pas de choix à faire. Vous faites de l’investissement programmé par construction, puisque l’argent arrive mois par mois. La question n’est pas de savoir s’il faut le faire, mais si le montant est assez élevé et le virement assez automatique pour survivre à un mauvais trimestre.

Sa place à côté de vos autres habitudes

L’investissement programmé étale vos achats dans le temps. Il ne dit rien de ce que vous achetez : il se marie donc avec les décisions qui répartissent le risque entre les positions.

  • Entre les positions. Étaler ses achats sur une seule entreprise vous laisse exposé à cette entreprise. Répartir sur de nombreuses positions est ce qui retire le risque pour lequel vous n’êtes pas payé.
  • Vers des fonds larges. Des sommes mensuelles fixes conviennent à un fonds qui accepte un montant plutôt que des parts entières, l’une des différences pratiques entre ETF et fonds indiciels.
  • Par les dividendes réinvestis. Le réinvestissement automatique est un investissement programmé auquel vous n’avez pas à penser : chaque versement achète des parts au prix du moment. Ce que valent ces versements dépend du rendement qui les porte, et vous pouvez projeter la capitalisation avec le simulateur de dividendes gratuit.

En résumé

L’investissement programmé est moins une stratégie de maximisation du rendement qu’une façon de continuer à investir quand vous hésiteriez autrement. L’effet de moyenne est réel et l’arithmétique joue pour vous quand les prix bougent, mais le bénéfice durable est l’habitude. Des versements réguliers, automatiques et sans relief valent mieux que l’attente d’un point d’entrée qui n’arrive jamais tout à fait.

Foire aux questions

L’investissement programmé vaut-il mieux qu’un versement unique ?

En rendement pur, en général non. Comme les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent, une somme investie plus tôt reste plus longtemps investie et finit en moyenne devant. L’investissement programmé échange une part de ce rendement attendu contre un parcours plus régulier et moins de regret si le marché baisse juste après votre versement.

À quelle fréquence investir en programmé ?

À l’intervalle que vous pouvez tenir. Le mois est le plus courant parce qu’il colle au rythme des salaires. La régularité compte bien plus que la fréquence exacte, et un virement automatique vaut mieux qu’un virement manuel dont il faut se souvenir.

L’investissement programmé fonctionne-t-il encore si le marché continue de baisser ?

Il continue d’acheter plus de parts par versement, donc votre coût moyen baisse avec le prix. Cela n’évite pas une perte sur ce que vous détenez déjà, mais cela signifie qu’une baisse prolongée est la période où vos versements achètent le plus.

CE
Écrit par Cadances Editorial

Une rédaction claire et posée sur l'investissement en dividendes, les ETF, la diversification et la fiscalité, par l'équipe qui développe Cadances, l'outil de suivi de portefeuille.

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